SEX BOMB

février 8, 2010 par doyendebbasch

SEX BOMB

Jusqu’à ce jour je n’avais pas exactement compris le sens de l’expression bombe sexuelle. Certes, chacun d’entre nous peut percevoir que l’on applique un qualificatif d’exception à une personne du sexe opposée dotée d’attributs de féminité susceptibles d’éveiller les sens d’un homo sapiens en hibernation. Mais tout de même quelle exagération d’employer cette expression de bombe sexuelle. Comme si ces femmes exceptionnelles étaient capables de tout faire sauter sur leur passage !

Et puis je suis tombé sur une dépêche d’agence dont je ne peux confirmer l’exactitude.

D’après son rédacteur,  les services secrets britanniques auraient découvert une nouvelle menace terroriste. Certains médecins, formés sur le sol anglais, seraient désormais capable d’incorporer des bombes dans des implants mammaires. Ainsi dissimulés, les engins explosifs deviendraient indétectables par les dispositifs de sécurité.

De deux choses l’une.

Ou bien, la nouvelle est exacte et, alors, il ya lieu de s’inquiéter et d’interdire aux femmes dotées d’implants mammaires de prendre l’avion.

Ou bien, il s’agit d’une nouvelle fantaisie des agents préposés  à la fouille dans les aéroports qui, non contents de vous faire enlever chaussures et ceintures, ont commencé à palper les différentes parties du corps. Ils auraient décidé d’ajouter un peu de fantaisie à leur mission en explorant dorénavant les poitrines des passagères.

Les queues vont encore s’allonger à l’embarquement.

Charles Debbasch

LES IMPASSES DES SOCIETES DEVELOPPEES

février 8, 2010 par doyendebbasch

LES IMPASSES DES SOCIETES DEVELOPPEES

La crise économique que traversent les sociétés développées  a des aspects conjoncturels qui sont susceptibles de trouver une solution par la reprise de la croissance. La crise agit cependant comme un révélateur des problèmes  idéologiques et structurels que l’euphorie économique de ces dernières années  dissimulait.

UN UNIVERS POLITIQUE EN PANNE D’IDEOLOGIE

La mort du communisme avait entrainé une exaltation libérale, le règne de l’initiative privée et du profit. La crise a remis en cause le postulat libéral et revalorisé le rôle des Etats. Elle a crée une situation de vide idéologique. Les deux grands camps socialiste et libéral ont perdu les tables de leur religion et se trouvent à nu. Ce qui explique la montée de mouvements extérieurs à la classe politique traditionnelle comme les altermondialistes ou les écologistes.

 

LE ROLE DE L’ETAT EN QUESTION

Les Etats développés étaient lancés avant le début de la crise dans un processus de dégraissage. Ils cherchaient à resserrer leur action sur les attributs de souveraineté et à alléger leurs services publics sociaux ou économiques.

Sur ces deux points, la crise remet en cause les réformes envisagées. Le développement de poches de pauvreté, l’augmentation du chômage exigent un renforcement des structures de solidarité. Les risques de désertification industrielle rendent nécessaire l’action salvatrice de l’Etat dans des secteurs de plus en plus nombreux.

 Il faut donc tout à la fois augmenter les dépenses et tenter de tailler dans les branches mortes des services publics. Mais cette action est lente et difficile et partout les déficits se creusent et l’endettement se développe. Les Etats sont lancés dans des mécanismes de cavalerie qui reportent à des lendemains qui déchantent ce qu’ils n’ont pas la puissance de faire aujourd’hui.

LE VRAI  PROBLEME

Le développement des charges collectives dans les pays développés est tel qu’il entraine un déplacement progressif des forces productives vers les pays émergents. Chacun sait par exemple que l’industrie automobile se déplace vers ces Etats à faible coût de main d’œuvre et les mesuras d’assistance actuelle ne sont que cautères sur jambes de bois. C’est dire que lentement les centres de création de richesses sont en train de se déplacer.

La prise de conscience de cette réalité dans les Etats développés commence à se faire jour. Mais on ne change pas du jour au lendemain les pratiques d’une société habituée à l’abondance.  

Il reste alors un bouc émissaire tout trouvé, le pouvoir politique du moment, qu’il est facile de charger de tous les péchés alors que l’hérésie est collective.

Charles Debbasch

UN NOUVEAU LIVRE DU DOYEN DEBBASCH: LA SARKOZYE GOUVERNANTE

février 6, 2010 par doyendebbasch

UN NOUVEAU LIVRE DU DOYEN DEBBASCH LA SARKOZYE GOUVERNANTE

 2008 avait été l’année de l’apprentissage. En 2009, se fixent les grands équilibres du nouveau pouvoir. Le style de l’action présidentielle a été remis au diapason des souhaits des électeurs : moins impulsif et plus rigoureux. L’équipe de l’Elysée maîtrise, à présent, parfaitement la conduite de l’appareil de l’Etat.. La révision constitutionnelle accroit considérablement les pouvoirs du parlement et contrebalance heureusement la tentation présidentialiste. Le pouvoir exécutif n’est plus le maître absolu du jeu. Il doit désormais composer avec les parlementaires, y compris ceux appartenant à sa propre majorité. Miné par une guerre de succession, le PS est affaibli et il peine à retrouver les lignes d’un nouveau programme. La décrépitude du PC ajoute à la confusion à gauche. Ce champ de ruines laisse une large place à l’extrême gauche La crise économique et financière peut, cependant, à terme, permettre à l’opposition de retrouver quelque vigueur unitaire. Nicolas Sarkozy avait souhaité être le président du pouvoir d’achat. Il doit à présent chercher à redonner à l’Etat un rôle moteur dans l’économie pour surmonter la crise. C’est cette lente émergence d’une nouvelle société que révèle cet essai «LA SARKOZYE. GOUVERNANTE »L’auteur riche d’une longue expérience éditoriale-qui l’a conduit du journal Le Monde au Figaro en passant par Jeune Afrique et le groupe de presse Rhône-Alpes y livre ses réflexions sur les mutations de la France dans cette année de maturation du nouveau pouvoir Cette chronique écrite d’une plume alerte et sans complaisance aidera à mieux comprendre les lignes de force de la France en mutation.

 Charles Debbasch a poursuivi une brillante carrière universitaire et politique. Agrégé des Facultés de Droit à 24 ans. Il est ensuite le plus jeune Doyen de Faculté, puis, le plus jeune Président d’Université à Aix-Marseille. Membre du Cabinet d’Edgar Faure à l’Education nationale, il est Conseiller à la Présidence de la République sous le septennat giscardien. Spécialiste des médias il a notamment dirigé pendant dix ans le groupe de presse Dauphiné Libéré-Lyon Matin Auteur d’une soixantaine d’ouvrages, il est aujourd’hui ministre, conseiller spécial du Président de la République togolaise Faure Gnassingbé  L’HARMATTAN ISBN : 978-2-296-11278-0 • février 2010 • 246 pages version numérique (pdf texte) : 6 656 Ko Prix éditeur : 22,5 € / 148 FF

LE SEXE DE L’AMBASSADEUR

février 6, 2010 par doyendebbasch

LE SEXE DE L’AMBASSADEUR

 C’est un Ambassadeur pakistanais. Diplomate confirmé, il a rempli de nombreuses missions importantes. Bien qu’ayant servi depuis plusieurs années en tant que fonctionnaire des affaires étrangères de son pays, il n’a pas reçu l’agrément pour être nommé ambassadeur du Pakistan en Arabie saoudite. Ses compétences ne sont pas en cause. On lui reproche simplement son patronyme. Il s’appelle Akbar Zeb ce qui signifie en langue arabe gros sexe. Pour les mêmes motifs , le Pakistan qui avait déjà proposé Akbar Zeb pour les postes d’ambassadeur aux Emirats Arabes Unis et au Bahreïn avait été recalé. Le journal Arab Times précise : «On peut penser que le fait de proposer le nom de Zeb à des pays de langue arabe est une forme de punition de la part du ministère pakistanais des Affaires étrangères, ou le résultat d’une boulette particulièrement flagrante.» En France, une telle discrimination par le nom ne serait pas possible. Akbar Zeb pourrait saisir la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité. pour la discrimination dont il est victime. En effet, parmi les 18 critères de discrimination interdits figure le patronyme. Il n’empêche. On peut imaginer que chaque apparition d’un tel ambassadeur dans un lieu public provoquera quelque curiosité. Il n’y a pas de fumée sans feu.

Charles Debbasch

LA CAF ET LE TOGO

février 2, 2010 par doyendebbasch

CAF….OUILLAGES
LES QUATRE FAUTES D’ISSA HAYATOU

En décidant la suspension du Togo pour les deux prochaines Coupes d’Afrique (suspension pour 4 ans et une amende de 26.250.000 fcfa)le président Hayatou de la Confédération africaine de football a pris une décision indigne qui ne fait que s’ajouter à une longue suite de fautes.

PREMIERE FAUTE LA DESINFORMATION
Lorsque la délégation togolaise est mitraillée au Cabinda, les instances de la CAF parlent d’abord de l’éclatement d’un pneu,Puis, lorsque l’attaque est dévoilée par les medias, Hayatou reproche à l’équipe du Togo d’être venue en bus et non en avion;Or l’équipe s’était bien rendue au Congo voisin en avion et avait l’encadrement militaire de l’Angola pour faire ces quelques kilomètres en  bus.

DEUXIEME FAUTE LA TENTATIVE DE CORRUPTION DE L’EQUIPE

Lorsque les joueurs décident de rentrer au Togo, des émissaires de la CAF viennent proposer des sommes d’argent conséquentes à l’équipe du Togo pour l’inciter à rester dans la compétition. Contrairement à ce que dit  Hayatou, ce n’est pas le gouvernement seul qui a demandé à l’équipe de rentrer au Togo mais c’est une décision concertée avec l’équipe que la CAF a tenté de remettre en cause,

TROISIEME FAUTE LA NON PARTICIPATION DE LA CAF AUX OBSEQUES DES TOGOLAIS

Issa Hayatou s’est abstenu de participer aux obséques. Quant au ministre angolais des Sports , il s’est déconsidéré en se   déclarant satisfait du déroulement de la Coupe et en  parlant simplement de petits incidents.

QUATRIEME FAUTE LA SANCTION

Il ne manquait plus pour parachever la dérive de la CAF qu’ à punir le Togo d’avoir été mitraillé alors que la CAF n’avait pas été capable de maintenir l’ordre public. Hayatou a osé le faire entraînant de vives réactions des joueurs.Emmanuel Adebayor capitaine de la sélection du Togo, est monté au créneau pour tancer les dirigeants de la CAF.  Pour lui, Issa Hayatou « doit dégager » avant d’expliquer « nous avions perdu deux membres de notre délégation dans la fusillade de Cabinda, et nous étions obligés de rentrer. Le pire, c’est qu’Issa Hayatou était venu nous rencontrer et nous avait promis de soutenir notre décision. C’est ce que je ne comprends pas. Aujourd’hui, je le dis haut et fort : c’est un irresponsable ».
Dés lors il ne reste plus au Togo que les voies de la justice.

L’instruction pénale révèlera à coup sur le poids des interêts  qui ont guidé Hayatou dans son délire.

Charles Debbasch

L’AFFAIRE CLEARSTREAM,LA VICTIME,LES COUPABLES ET LE PROCUREUR

janvier 30, 2010 par doyendebbasch

L’AFFAIRE CLEARSTREAM, LA VICTIME,LES COUPABLES ET LE PROCUREUR

Le tumulte assourdissant qui a entouré le jugement rendu par le Trbunal de Paris le 28 janvier 2010 dans l’affaire Clearstream où s’entremêlent des données juridiques et l’affrontement politique Sarkozy-Villepin trouble la compréhension du dossier au point que l’on en arrive à confondre les victimes et les coupables,Tenons-nous en donc aux simples données juridiques.

LA VICTIME :NICOLAS SARKOZY ET AUTRES

Pour mettre en cause Nicolas Sarkozy et diverses autres personnalités, des commanditaires aidés par des complices ont falsifié des listings bancaires de la banque Clearstream en y ajoutant plusieurs noms dont celui de l’actuel Président de la République. Ont été également visées plusieurs personnalités politiques ayant exercé des responsabilités dans l’industrie, la défense ou au ministère de l’intérieur – Alain Madelin, Jean-Pierre Chevènement, Dominique Strauss-Kahn, Charles Pasqua . Il s’agissait de faire croire à l’opinion publique que toutes ces personnes détenaient des comptes bancaires cachés à l’étranger,Nicolas Sarkozy était principalement visé par la manipulation,L’objectif recherché était de l’exclure de la compétition présidentielle.

L’actuel chef de l’Etat est donc dans l’affaire Clearstream la victime principale .C’est lui que des manipulateurs ont voulu atteindre par la falsification et la manipulation.On aurait tort d’oublier cet aspect essentiel de l’Affaire.

LES COUPABLES CONDAMNES PAR LE TRIBUNAL

Deux condamnations principales touchent les responsables de la falsification des listings ou de leur divulgation.

Jean-Louis Gergorin ,l’ancien vice-président exécutif d’EADS, corbeau de l’affaire, a été condamné à trois ans de prison, dont 21 mois avec sursis, et 40.000 euros d’amende pour dénonciation calomnieuse, usage de faux et recel d’abus de confiance.Le parquet,pour sa part, avait requis trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et 45.000 euros à son encontre.

Imad Lahoud, le mathématicien falsificateur des listings Clearstream, a été condamné à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et 40.000 euros d’amende pour complicité de dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux et recel d’abus de confiance.

Pour sa part,le parquet avait requis deux ans de prison, dont six mois avec sursis, et 45.000 euros d’amende à son encontre pour dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux et recel d’abus de confiance.

LA RELAXE DE DOMINIQUE DE VILLEPIN

La Justice avait la difficile tache d’établir si Dominique de Villepin avait simplement souhaité faire établir la vérité des faits  ou s’il avait, au contraire, appuyé sur l’accélérateur pour mettre en cause Nicolas Sarkozy.

L’ancien premier ministre bénéficie d’une double relaxe.

Le tribunal estime d’une part que la preuve n’est pas rapportée à l’encontre de Dominique de VILLEPIN de l’existence tant d’une instruction, donnée en connaissance de cause, de commettre le délit de dénonciation calomnieuse dont il aurait été l’instigateur, que d’une abstention d’empêcher la réitération de la dénonciation qu’il aurait su calomnieuse, susceptible de constituer un acte de complicité .

D’autre part, le tribunal estime qu’il résulte de l’information et les débats que Dominique de VILLEPIN ignorait jusqu’au 15 octobre la provenance exacte des documents ; que la preuve n’est pas rapportée qu’il les ait eus matériellement en sa possession ; qu’il n’est pas établi que Dominique de VILLEPIN ait concouru par l’instruction de saisir le juge Renaud VAN RUYMBEKE, à la remise à ce magistrat des documents de provenance frauduleuse au travers des envois des 3 mai, 14 juin, 20 août et 4 octobre 2004 ; qu’il s’ensuit que le délit de recel n’est pas constitué à son encontre.

Il convient en conséquence de renvoyer Dominique de VILLEPIN des fins de la poursuite engagées à son encontre du chef d’une part de complicité d’usage de faux et d’autre part de recel de vol et d’abus de confiance

Le procureur pour sa part avait conclu à la responsabilité de Dominique de Villepin estimant que l’on avait affaire à une »manipulation complexe d’une ampleur exceptionnelle… l’intrication délibérée du vrai et du faux, l’association réfléchie de faits réels et de calomnie ». Les acteurs de cette affaire entretiennent tous « un rapport altéré à la vérité « .

L’APPEL DU PARQUET

Alors que Nicolas Sarkozy avait manifesté son intention d’en rester là, le Procureur de la République a immédiatement relevé appel du jugement entraînant des réactions véhémentes de l’ancien premier ministre. Pourtant, il s’agit d’une procédure habituelle dans des instances où plusieurs protagonistes sont poursuivis simultanément. Il est difficile en appel de saucissonner le dossier.L’appel du Parquet doit permettre un réexamen global de l’Affaire.L’appel du parquet est une  décision évidente, selon le Procureur. « Je n’ai pas changé d’opinion, le dossier apporte la preuve irréfutable qu’à la mi-juillet 2004, M. de Villepin savait que les listings étaient faux. Il n’y a pas eu de stratégie concertée avec l’Elysée. Ne retrouver devant la cour d’appel que les seuls Gergorin et Lahoud, c’était un procès tronqué. Je suis cohérent, j’ai une conviction, c’est la conception que j’ai de mon métier. »

Ainsi, malgré la personnalité des protagonistes, cette Affaire se situe dans le droit commun de la procédure pénale.

Charles Debbasch

SARKOZY DANS LA FOSSE AUX LIONS

janvier 27, 2010 par doyendebbasch

SARKOZY DANS LA FOSSE AUX LIONS

Les gouvernants -et particulièrement le Président de la République -font toujours l’objet  de critiques contradictoires. S’ils se contentent de définir  les lignes générales de la politique, on leur reproche d’être « éloignés des gens ».S’ils traitent des problèmes de terrain, on estime qu’ils perdent la majesté de leurs fonctions.

Voilà sans doute pourquoi  Nicolas Sarkozy a découpé son intervention  sur TF1 du lundi 25 janvier 2010 en deux séquences : au Journal télévisé pour définir les principes et face à un panel de Français pour montrer sa proximité avec les problèmes du quotidien

.Cette seconde partie était évidemment la plus difficile pour le Président. La conjoncture est morose et la crise   touche  les entreprises et les citoyens. Le Chef de l’Etat paraissait voué à être mangé tout cru dans la fosse aux lions.

Rien de cela n’est advenu. Malgré les redoutables attaques de certains de ses interlocuteurs-notamment celle d’un syndicaliste de l’automobile, Nicolas Sarkozy a réussi à convaincre.

Il est vrai qu’il possédait remarquablement ses dossiers. Il n’a jamais été pris en défaut.

Par ailleurs, il a su rester très calme et ne pas entrer dans les voies de la polémique.

Au total, le Président de la République a réussi une opération de communication particulièrement difficile. 8,6 millions de téléspectateurs en moyenne ont suivi l’émission du président de la République sur TF1.57% de ces Français ont été convaincus.

Cette performance remarquable est à elle seule un événement qui éclipse quelque peu les deux annonces importantes faites par le Président : le maintien de la retraite par répartition et la prévision de la baisse du chômage.

Le Sarkozy de TF1 était du meilleur cru.

Charles Debbasch

HAITI EN DETRESSE

janvier 19, 2010 par doyendebbasch

HAITI EN DETRESSE

Le terrible tremblement de terre qui vient de frapper Haïti s’est produit dans un Etat dont les structures sociales et politiques sont disloquées. L’ONU y exerce une sorte de tutelle .Devant la défaillance de l’Etat, l’Organisation y entretient depuis quatre ans une lourde mission : 7 000 soldats et 2 000 fonctionnaires cherchent à assurer la gestion et la sécurité d’Haïti.

UNE SITUATION DE CRISE AVANT MEME LE TREMBLEMENT DE TERRE

 La mauvaise gouvernance mine les structures de l’Etat. La corruption atteint des niveaux considérables. La sécurité n’est pas assurée. La misère se développe. 80% des Haïtiens vivent en dessous du seuil de pauvreté .76% de la population dispose de moins de 2 dollars par jour. Haïti est classée au 149ème rang sur 182 du développement humain dressé par le PNUD. La déforestation aggrave les dérèglements climatiques. Des ouragans dévastateurs se succèdent. L’ouragan de septembre 2004 a détruit les plantations et a eu de lourdes conséquences humaines : plus de 1 160 morts et 1 250 disparus. Quatre cyclones, en 2008, ont fini de détruire ce qui restait des infrastructures et ont ravagé le secteur agricole. C’est dire que le tremblement de terre de ce 14 janvier est survenu dans une situation déjà profondément dégradée.

 LE DRAME DU TREMBLEMENT DE TERRE

 Le 12 janvier 2010 un tremblement de terre de magnitude 7 a frappé la capitale et l’Ouest du pays. Les principaux centres de décision du pays dont la présidence ont été touchés. Plusieurs membres du gouvernement sont morts .Plus de 150 casques bleus dont le chef de mission Hédi Annabi et son adjoint sont morts ou portés disparus. Les morts dans la population civile se comptent par dizaine de milliers et les survivants manquent pratiquement de tout. L’aide internationale qui était supplétive devient à présent la seule solution pour endiguer l’anarchie. Les Etats-Unis aidés par la proximité géographique sont en voie d’y déployer une dizaine de milliers d’hommes pour rétablir l’ordre et dispenser des secours. L’Europe a arrêté également un important programme d’aide.

QUAND UN ETAT DISPARAIT

A l’évidence aucun Etat n’est à l’abri de cataclysmes d’une telle ampleur. Imaginons, par exemple, ce que serait un tel événement se produisant à Nice ou à Los Angeles. Dans un monde moderne où les catastrophes produisent de plus terribles conséquences que dans une société pastorale, il faut mettre en place, à l’échelle internationale, une institution chargée de gérer l’exceptionnel, un plan ORSEC à l’échelle de la planète. Mais, il faut aussi considérer qu’en Haïti, la dissolution de l’Etat aggrave le problème et qu’au-delà de l’assistance il va falloir élaborer un plan international d’assistance pour la reconstruction de l’Etat haïtien.

Charles Debbasch

PHILIPPE SEGUIN L’UNIVERSITAIRE

janvier 7, 2010 par doyendebbasch

PHILIPPE SEGUIN L’UNIVERSITAIRE :UN DES PLUS BRILLANTS ETUDIANTS D’AIX-EN-PROVENCE

C’est sans aucun doute l’un des plus grands privilèges de la condition enseignante ; voir éclore des talents dans la fleur de l’âge, les aider à s’épanouir puis, ce qui est plus rarement le cas, les suivre dans leur vie professionnelle . C’est ma carrière à la Faculté de droit et à l’institut d’études politiques d’Aix-en- Provence qui me permet d’avoir un premier contact dans les années 1966-67 avec le jeune Philippe Seguin. Le futur magistrat de la Cour des Comptes est alors un ‘’petit‘’pigiste au Provençal de Gaston Defferre et suit à ce titre les activités universitaires. Il me fait part de ses préoccupations. Il poursuit des études littéraires mais souhaite présenter le concours d’entrée à l’Ecole Nationale d’administration il lui faut donc acquérir un minimum de bases juridiques . Je lui conseille de s’inscrire à l’Institut d’études politiques d’Aix qui est une excellente passerelle généraliste. Timide , il m’aborde avec un sourire pénétrant et me demande à lui apprendre à affronter les épreuves d’exposé discussion qui sont parmi les plus redoutées des compétitions dans les IEP ou les épreuves de classement de l’ENA. Il me surprend parce qu’il parait avoir déjà tout appris et tout compris . Il fait partie de ces étudiants qui sont déjà les maîtres de leurs propres professeurs. Mais, le candidat est modeste. Il travaille comme un bulldozer et avale les livres tout en ayant une vie sociale active. Il ne fait pas partie de ces enfants gâtés du septième ou du seizième arrondissement de Paris qui reçoivent dés leur berceau l’ENA en don naturel. Il est un fils de la République, pupille de la Nation, qui a besoin d’être aimé, qui recherche la considération sociale. Il défie le temps à grandes enjambées. Le voilà reçu à l’ENA alors que j’y officie en qualité de membre des jurys en 1968 et 1969.Nous nous retrouvons parfois pour discuter je suis alors membre du Cabinet d’Edgar Faure qui est considéré comme le diable par la droite universitaire. Philippe Seguin est, comme moi ,perturbé par le mai 1968. Profondément gaulliste, il n’admet pas le nihilisme de la contestation mais sa fibre sociale l’incline à ne pas jeter la pierre aux étudiants et aux ouvriers en colère. Il sort de l’ENA en 1970 dans un rang brillant qui lui permet d’entrer à la Cour des Comptes et je n’aurai heureusement pas à le noter :je viens d’être élu doyen de la Faculté d’Aix-en- Provence et n’ai plus le temps de participer aux jurys de la Rue des Saints Pères. Fréquemment, je vais voir débouler dans mon bureau de président d’Université à Aix le jeune énarque dont la belle famille réside dans le Midi. C’est une époque agitée dans la vie universitaire de la Cité du Roi René. A la défaveur des découpages universitaires, la Faculté de droit et l’IEP d’Aix ont été englobés dans une Université médicale dont les grands patrons ne comprennent pas grand chose aux sciences économiques et sociales. Nous conduisons alors un grand combat pour la création d’une troisième Université dans la région marseillaise. La lutte est âpre car Gaston Deferre a comme rival le maire socialiste d’Aix Félix Ciccolini et il veut garder le siège de toutes les Universités à Marseille.C’est en 1974 un décret signé Gerge Pompidou qui crée U3. ..La grande histoire retiendra que c’est un jeune conseiller du président de la République qui l’a convaincu. Il s’appelle Philippe Seguin. L’attachement de Seguin à son Université d’Aix ne se démentira jamais. Il y enseignera à plusieurs reprises et encore à sa mort il présidait le Conseil d’administration de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en- Provence. Il y avait beaucoup de fidélité dans ce grand homme.

Charles Debbasch

Doyen honoraire

 Président honoraire de l’Université de Droit, d’Economie et des Sciences d’Aix-Marseille

DES PRECAUTIONS SANS PRINCIPE:LA GRIPPE A

janvier 6, 2010 par doyendebbasch

DES PRECAUTIONS SANS PRINCIPE : A PROPOS DU VACCIN DE LA GRIPPE A

Pour se prémunir contre le risque d’une pandémie due au virus de la grippe A(H1N1), la France a acheté 94 millions de doses de vaccins soit 10% des vaccins du monde. La campagne de vaccination et de prévention contre la grippe A aurait coûté près de 2 milliards d’euros, alors que seulement 5 millions de Français ont été vaccinés. Aujourd’hui, il apparait que le risque a été  surévalué. Parce que la pandémie n’a pas été aussi sévère que l’on pouvait le craindre. Parce que la population a été réticente devant un jeune vaccin aux effets secondaires méconnus. Parce qu’à l’usage il est  apparu qu’une seule dose de vaccin était suffisante alors que l’on avait imaginé que deux seraient nécessaires.

On se trouve donc aujourd’hui devant un stock excessif de vaccins et la France cherche à annuler ma commande de 50 millions de doses de vaccin. Et la polémique alors de naître et de se développer.

LA POLEMIQUE

Le PS et le Nouveau Centre ont demandé une commission d’enquête parlementaire sur la campagne de vaccination. Le socialiste Pierre Moscovici estime que l’achat massif de vaccins est un dérapage « On a acheté trop de vaccins, cela profite à l’industrie pharmaceutique de façon assez éhontée, cela a un coût pour les finances publiques, de un à 2 milliards d’euros, alors que celles-ci sont quand même dans une situation extrêmement difficile…Nous avons sur-réagi, dans des conditions économiques imprévoyantes et des conditions de finances publiques aberrantes », a également jugé Pierre Moscovici. Le professeur Bernard Debré a souligné : « Le coût est plus que le déficit de tous les hôpitaux français, trois fois le plan cancer, il fallait peut-être un peu plus de prudence ».
 En revanche, William Dab, ancien directeur général de la santé, estime dans un entretien au Monde que la question du surplus est « une mauvaise querelle ». « Au moment de la commande, en juin-juillet, il était assez logique de se mettre en position de pouvoir vacciner toute la population, partant sur l’hypothèse de deux doses nécessaires à une bonne efficacité », affirme-t-il.
« N’importe quel ministre aurait pris cette décision, étant donné la grande incertitude dans laquelle nous étions à l’époque…La seule chose constante avec le virus de la grippe est son imprévisibilité ».

LE PRINCIPE DE PRECAUTION

Toutes les critiques émises se situent dans le contexte actuel : la grippe A n’a pas beaucoup sévi. On peut estimer que si la situation avait été inverse et si le gouvernement n’avait pas pris de mesures adéquates, la critique se serait portée sur l’imprévoyance gouvernementale. Il y a donc quelque mauvaise foi à critiquer a posteriori une décision qui a été prise au vu d’un constat sanitaire effectué par l’OMS et dont le gouvernement ne pouvait pas ne pas tenir compte.et rapprochons cette affaire de tous les cas où il a été reproché aux autorités de ne pas avoir pris de précautions sanitaires suffisantes comme pour l’affaire du sang contaminé ou de la canicule.

Il n’en demeure pas moins que le dossier de la grippe A démontre que nous avons atteint les limites du principe de précaution. Les citoyens veulent être protégés contre tous les risques sociaux y compris ceux qui sont imprévisibles. Ceci fait peser sur les responsables une pression excessive car aucun pouvoir ne peut protéger la population contre tout et n’importe quoi. Plutôt que de principe de précaution, il faut parler de précautions sans principe.

Il faut en revenir à un principe simple. L’existence est un risque et l’Etat ne peut être l’assureur des risques imprévisibles. On ne peut faire supporter aux responsables le poids d’une société qui aurait perdu tout sens de la responsabilité.

Charles Debbasch